Powered by Smartsupp

Contrôle VGP : êtes-vous en règle avec vos obligations ?

image-article-contrôle-vgp-enearis

Le contrôle VGP (Vérification Générale Périodique) est une vérification réglementaire destinée à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité d'un équipement de travail. Obligatoire pour certaines catégories de matériels, notamment les appareils de levage, il doit être réalisé selon les modalités et les périodicités prévues par la réglementation.

Pour les responsables HSE, les services maintenance et les gestionnaires de parc, l'enjeu est double : protéger les utilisateurs et respecter les obligations réglementaires. Encore faut-il identifier les équipements concernés, préparer les vérifications et assurer le suivi des anomalies détectées.

Selon le ministère du Travail, 23 % des équipements examinés lors de la campagne nationale de l'Inspection du travail 2023-2024 n'avaient pas fait l'objet d'une VGP. Ce constat, établi sur les équipements inspectés dans le cadre de cette campagne, souligne l'importance d'un suivi rigoureux des contrôles.

Quels matériels doivent être contrôlés ? Comment se déroule une VGP ? Que faire après la réception du rapport ? Ce guide présente les obligations à connaître et les étapes essentielles pour organiser vos vérifications, traiter les réserves et conserver une traçabilité fiable.

POUR ALLER PLUS LOIN

Ce que vous allez découvrir

01

Quels équipements sont concernés ?

Les principales catégories de matériels soumises aux VGP et les distinctions réglementaires à connaître.

02

Quand réaliser un contrôle VGP ?

Les périodicités applicables selon les équipements et les situations nécessitant une vérification.

03

Comment se déroule une VGP ?

La préparation du matériel, les examens réalisés et les étapes du contrôle sur le terrain.

04

Que faire après le contrôle ?

Le contenu du rapport, le traitement des observations et le suivi des actions correctives.

05

Comment assurer la traçabilité ?

L'organisation des rapports, des réserves et des échéances, avec l'appui d'un logiciel GMAO & VGP comme ENEARIS.

PÉRIMÈTRE DES VÉRIFICATIONS

Quels équipements sont soumis à un contrôle VGP ?

Les contrôles VGP concernent notamment les appareils et accessoires de levage soumis aux vérifications prévues par la réglementation. Pour identifier les matériels concernés, il faut tenir compte de leur fonction, de leur configuration et de leur utilisation réelle. La seule désignation commerciale d'une machine ne suffit pas toujours à déterminer les obligations applicables.

Chariots élévateurs et nacelles

Les chariots élévateurs soumis à la VGP et les nacelles élévatrices (PEMP) font partie des équipements couramment concernés.

Les vérifications visent à repérer les dégradations susceptibles d'affecter le levage, la stabilité, les commandes ou les dispositifs de sécurité. Leur portée dépend du type de machine.

Grues et appareils de levage fixes

Les grues auxiliaires, les grues mobiles et les ponts roulants sont également concernés, selon leur catégorie et leurs caractéristiques.

Les palans, potences et autres installations de manutention peuvent relever des mêmes obligations. Les examens portent notamment sur les structures, les mécanismes de levage et les dispositifs de protection.

Engins de chantier équipés pour le levage

Certains engins de terrassement, comme les pelles hydrauliques, entrent dans le champ des vérifications des appareils de levage lorsqu'ils sont équipés et utilisés pour manutentionner des charges.

Une pelle employée uniquement pour le terrassement et une pelle configurée pour soulever des charges ne relèvent pas nécessairement des mêmes exigences. L'usage effectif de l'équipement est donc déterminant.

Accessoires de levage

Les élingues, palonniers, pinces, aimants et ventouses de levage constituent une famille distincte des appareils qui déplacent la charge. Ils peuvent être soumis à des vérifications périodiques spécifiques.

Pour ces accessoires, le contrôle recherche notamment les signes d'usure, de déformation ou de détérioration susceptibles de compromettre la préhension et le maintien de la charge.

Tableau des principales familles d'équipements

Ces exemples permettent de repérer les matériels à intégrer dans votre inventaire de vérification. Les obligations exactes restent à déterminer selon chaque équipement.

Famille Exemples de matériels Point de vigilance
Manutention et élévation de personnes Chariots élévateurs, nacelles PEMP Catégorie de machine, fonction de levage et dispositifs de sécurité
Levage fixe ou mobile Grues auxiliaires, grues mobiles, ponts roulants, palans Configuration de l'installation et modalités d'utilisation
Engins polyvalents Pelles hydrauliques et autres engins de terrassement équipés pour le levage Usage réel de l'engin et équipement de levage installé
Accessoires de levage Élingues, palonniers, pinces, aimants et ventouses État de conservation et aptitude au maintien de la charge

PÉRIODICITÉS RÉGLEMENTAIRES

Quand faut-il réaliser un contrôle VGP ?

La fréquence d'un contrôle VGP dépend de la catégorie de l'équipement, de ses caractéristiques et de son utilisation. Pour les appareils et accessoires de levage, la réglementation prévoit notamment des échéances de 3, 6 ou 12 mois selon les situations. Il ne faut donc pas appliquer une périodicité unique à l'ensemble du parc.

Identifier la périodicité applicable

L'arrêté du 1er mars 2004 prévoit des vérifications périodiques pour les appareils et accessoires de levage relevant de son champ d'application. Les intervalles varient selon la nature des matériels et les conditions prévues par le texte.

Certains appareils de levage de personnes relèvent d'une vérification semestrielle, tandis que des appareils de levage de charges et des accessoires peuvent relever d'une échéance annuelle. Des cas particuliers imposent une fréquence différente.

Prévoir les vérifications hors échéance

La VGP périodique n'est pas la seule vérification réglementaire à anticiper. Une vérification de mise en service ou de remise en service peut également être nécessaire dans les cas définis par les textes.

C'est notamment un point à examiner après certaines opérations de démontage et de remontage, modifications ou réparations importantes. Ces vérifications ne se confondent pas avec le contrôle périodique habituel.

Adapter le planning aux conditions d'utilisation

Les échéances réglementaires correspondent à des intervalles maximaux. Un environnement corrosif, des sollicitations importantes ou des conditions d'exploitation particulières peuvent justifier une surveillance plus rapprochée.

Les recommandations du fabricant et les constats issus des précédentes vérifications doivent également être pris en compte pour organiser le suivi technique des équipements.

Anticiper les prochaines échéances

Pour chaque équipement, le responsable maintenance doit pouvoir retrouver la périodicité applicable, la date de la dernière vérification et la prochaine échéance.

Un calendrier de contrôles permet de réserver les créneaux nécessaires, de préparer les matériels et de coordonner les interventions. Cette anticipation limite les retards et les immobilisations imprévues.

Simplifiez le suivi de vos VGP avec ENEARIS

Centralisez vos équipements, suivez les échéances de vérification et retrouvez les rapports de contrôle depuis une seule interface. Avec la fonctionnalité VGP intégrée à la GMAO ENEARIS, gardez une vue claire sur vos contrôles réglementaires.

Essayer ENEARIS gratuitement

Comment se déroule un contrôle VGP ?

Un contrôle VGP associe l'examen de l'état de conservation de l'équipement et, lorsque la réglementation le prévoit, des essais de fonctionnement. Le vérificateur recherche les détériorations susceptibles de créer un danger, puis formalise ses constats. Les opérations réalisées dépendent de la catégorie de l'appareil, de sa configuration et des dispositions réglementaires applicables.

4
ÉTAPES

Préparer le contrôle, examiner les organes, effectuer les essais requis et consigner les résultats.

  1. Préparer le matériel et les conditions de vérification

    Avant l'arrivée du vérificateur, l'équipement doit être identifié et accessible. Le responsable maintenance prépare notamment la notice d'instructions, les précédents rapports, les informations sur les réparations et les éventuelles modifications.

    Les conditions matérielles comptent autant que les documents : zone d'évolution dégagée, alimentation disponible, accès aux organes à examiner et, si nécessaire, conducteur ou personnel d'accompagnement.

    Exemple terrain : pour vérifier un pont roulant, l'intervention peut nécessiter l'accès à la poutre, au chariot et aux mécanismes de levage. Pour une nacelle, il faut prévoir un emplacement permettant les mouvements nécessaires aux essais, dans des conditions sûres.

    Un contrôle ne peut pas être considéré comme complet si certains examens ou essais requis n'ont pas pu être réalisés. Les limites de la vérification doivent alors être clairement signalées.

  2. Examiner l'état de conservation des organes critiques

    L'examen vise à détecter les détériorations pouvant compromettre la résistance, la stabilité ou le fonctionnement sûr de l'appareil. Le vérificateur adapte ses points d'observation au type de matériel.

    • Structures et assemblages : fissures, déformations, corrosion, fixations desserrées ou manquantes.
    • Organes de suspension et de préhension : état des câbles, chaînes, crochets, linguets, poulies et points d'ancrage.
    • Mécanismes et transmissions : usure anormale, fuites hydrauliques, jeux excessifs et détérioration des composants accessibles.
    • Dispositifs de sécurité : état des limiteurs, fins de course, dispositifs de verrouillage et autres protections présentes.

    Les critères d'examen ne sont pas interchangeables : une usure de fourche sur un chariot, un défaut de câble sur un palan ou une fissure sur une structure de nacelle ne s'apprécient pas de la même manière.

  3. Vérifier le fonctionnement et les dispositifs de sécurité

    Lorsque des essais de fonctionnement sont requis, ils permettent de contrôler le comportement des mécanismes dans les conditions prévues par la réglementation.

    Selon l'appareil, le vérificateur peut notamment examiner la réponse des commandes, les mouvements de levage et de descente, le fonctionnement des freins, des fins de course et des dispositifs de limitation.

    Point technique : l'essai de fonctionnement d'un mécanisme de levage ne doit pas être confondu avec une épreuve statique ou dynamique. Ces épreuves répondent à des exigences spécifiques et ne sont pas systématiquement réalisées lors d'une VGP périodique.

    Les essais doivent être organisés avec les moyens adaptés et sans exposer les personnes présentes à un risque lié aux mouvements de l'appareil ou à la manutention d'une charge.

  4. Consigner les constats et décider des suites à donner

    Le vérificateur formalise les examens réalisés, les résultats des essais et les anomalies éventuellement relevées. Les observations doivent permettre de localiser le défaut et de comprendre sa nature.

    Le responsable de l'équipement doit ensuite analyser ces constats et déterminer les mesures nécessaires : réparation, vérification complémentaire, restriction d'utilisation ou arrêt de l'appareil lorsqu'un danger le justifie.

    Le rapport ne constitue pas, à lui seul, une autorisation de poursuivre l'exploitation. La décision d'utiliser l'équipement doit tenir compte de son état réel et des risques signalés.

FAQ · CONTRÔLE VGP

Contrôle VGP : les questions fréquentes

Accessoires de levage, documentation constructeur, équipements immobilisés ou conservation des rapports : des réponses précises aux situations particulières rencontrées sur le terrain.

Une VGP suffit-elle à prouver qu'une machine est conforme à la réglementation ?

Non. La vérification générale périodique recherche les détériorations susceptibles de créer un danger pendant l'utilisation. Elle ne constitue pas un examen complet de conformité aux règles techniques de conception. Une VGP sans anomalie signalée ne prouve donc pas, à elle seule, la conformité réglementaire globale de la machine.

Une élingue ou un palonnier doit-il être contrôlé séparément de l'appareil de levage ?

Oui. Les élingues, palonniers et autres accessoires de levage concernés doivent faire l'objet de leurs propres vérifications. L'article 24 de l'arrêté du 1er mars 2004 prévoit une VGP tous les 12 mois pour ces accessoires. Le contrôle d'une grue ou d'un pont roulant ne remplace donc pas celui des accessoires utilisés avec cet appareil.

Peut-on réaliser une VGP sans la notice du fabricant ?

L'absence de notice peut empêcher certains examens ou essais d'être menés correctement. L'article 3 de l'arrêté du 1er mars 2004 prévoit la mise à disposition des documents nécessaires à la vérification. Si une information indispensable manque, le vérificateur doit signaler les limites de son intervention. Il est préférable de récupérer la documentation auprès du fabricant en amont.

Peut-on contrôler un appareil de levage immobilisé ou hors service ?

Certains examens peuvent être réalisés sur un appareil immobilisé, mais son état peut empêcher les essais de fonctionnement requis. Une inspection visuelle seule ne remplace pas automatiquement une VGP complète. Les opérations non réalisées doivent être identifiées. Avant toute reprise d'exploitation, l'employeur doit s'assurer que les vérifications nécessaires ont été effectuées.

Un appareil de levage très peu utilisé doit-il quand même passer une VGP ?

Oui, si l'appareil reste en exploitation et relève des vérifications réglementaires. Une utilisation occasionnelle ne constitue pas, à elle seule, une exemption. Il faut distinguer un équipement rarement utilisé d'un matériel réellement retiré du service. Dans ce dernier cas, les conditions de reprise d'utilisation doivent être examinées avant sa remise en exploitation.

Les palans manuels et les crics de levage sont-ils soumis aux contrôles VGP ?

Certains appareils manuels sont bien concernés. L'arrêté du 1er mars 2004 ne limite pas les vérifications aux machines motorisées. Les palans manuels, crics et autres dispositifs actionnés par la force humaine peuvent relever de ses dispositions selon leur fonction et leurs caractéristiques. Leur classification doit être examinée avant de déterminer les obligations applicables.

Combien de temps faut-il conserver les rapports de contrôle VGP ?

Les résultats des vérifications doivent être consignés dans le registre de sécurité. Lorsque les rapports sont annexés à ce registre, ils doivent être conservés selon les règles de conservation applicables. Le registre et les documents annexés doivent notamment conserver les informations relatives aux cinq dernières années. Une conservation plus longue peut être utile pour retracer l'historique technique d'un équipement.

Le registre de sécurité VGP peut-il être tenu au format numérique ?

Oui, sous réserve de respecter les exigences de traçabilité et de disponibilité. Le suivi numérique doit permettre de conserver les résultats des vérifications et de les présenter aux personnes habilitées à les consulter. Les documents doivent rester accessibles, fiables et exploitables, notamment lors d'une inspection ou d'un audit.

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Nos Articles

VGP pont roulant : obligations, fréquence et contrôles

La VGP d’un pont roulant (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité du levage. Elle concerne...

VGP Mini-Pelle : Est-elle Obligatoire ? Quand et Comment la Faire ?

La VGP d’une mini-pelle (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité de la machine...

Réglementation VGP : quelles obligations, quels documents et quels risques en 2026 ?

La réglementation VGP (Vérification Générale Périodique) impose aux employeurs de faire vérifier certains équipements de travail afin de détecter les détériorations susceptibles de compromettre la...

Contrôle des appareils de levage : êtes-vous en règle ?

Le contrôle des appareils de levage est une obligation réglementaire pour les entreprises utilisant des équipements soumis à vérification. Grues, ponts roulants, palans, chariots élévateurs ou...

VGP chariot élévateur : êtes-vous en règle ? Obligations, contrôles et délais

La VGP d’un chariot élévateur (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité de l’engin. Elle concerne...

VGP Engin de Chantier : Quels Contrôles et Obligations en 2027 ?

La VGP des engins de chantier (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité des équipements. Elle...

Fiche de traçabilité : modèle, exemples et conseils pour un suivi sans oubli

Une fiche de traçabilité est un document de suivi qui centralise les informations relatives à un équipement, un produit ou une intervention. Dans le cadre des Vérifications Générales Périodiques...

Vérification des équipements incendie : êtes-vous à jour de vos obligations ?

La vérification des équipements de sécurité incendie consiste à contrôler régulièrement les extincteurs, robinets d’incendie armés (RIA), systèmes de sécurité incendie (SSI), alarmes...

VGP des nacelles : les règles essentielles pour rester en conformité

La VGP d’une nacelle est obligatoire tous les 6 mois pour les plateformes élévatrices motorisées. Cette Vérification Générale Périodique, prévue par le Code du travail et l’arrêté du 1er mars 2004...

CVPO : quels équipements contrôler, à quelle fréquence et par qui ?

Les CVPO (Contrôles et Vérifications Périodiques Obligatoires) désignent les contrôles réglementaires destinés à vérifier, à intervalles définis, le bon état et la sécurité des équipements...

EPI Définition : Comprendre les Fondamentaux de la Sécurité au Travail

Un EPI (Équipement de Protection Individuelle) est un dispositif porté ou tenu par un travailleur pour le protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité...

Contrôle VGP : êtes-vous en règle avec vos obligations ?

Le contrôle VGP (Vérification Générale Périodique) est une vérification réglementaire destinée à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité d’un équipement de travail...

VGP grue auxiliaire : êtes-vous sûr d’être en règle ?

La VGP d’une grue auxiliaire (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à repérer les détériorations qui pourraient rendre son utilisation dangereuse. Elle concerne...