La VGP d’un chariot élévateur (Vérification Générale Périodique) est un contrôle réglementaire destiné à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité de l’engin. Elle concerne notamment l’état des fourches, du mât, des chaînes de levage, des freins et des dispositifs de sécurité. Pour un responsable maintenance, HSE ou logistique, l’enjeu est concret : identifier les défauts, faire corriger les anomalies et conserver la preuve des vérifications effectuées sur chaque chariot.
Dans un entrepôt ou sur une plateforme logistique, un chariot élévateur circule à proximité des préparateurs de commandes, des caristes et des autres opérateurs. Un défaut de freinage, une fourche endommagée ou un dysfonctionnement du système de levage peut avoir des conséquences graves.
Selon le ministère du Travail, 84 % des vérifications des chariots automoteurs examinées lors de la campagne nationale de l’Inspection du travail 2023-2024 étaient incomplètes. Ce constat souligne l’importance de contrôles rigoureux et d’une traçabilité fiable pour chaque engin.
Quels chariots sont soumis à la VGP ? Quels éléments sont vérifiés ? Comment gérer les rapports et les réserves ? Cet article répond à ces questions et présente les bonnes pratiques pour assurer la traçabilité des contrôles, notamment avec un logiciel GMAO & VGP comme ENEARIS.
POUR ALLER PLUS LOIN
Ce que vous allez découvrir
Quels chariots sont concernés ?
Les types de chariots soumis aux vérifications réglementaires et les distinctions à connaître entre les différentes catégories.
Quelles sont les obligations ?
Le cadre réglementaire, les responsabilités de l’employeur et les échéances à respecter pour les chariots concernés.
Que vérifie-t-on sur un chariot ?
Les principaux points examinés : fourches, mât, chaînes, freinage et dispositifs de sécurité.
Quels documents conserver ?
Les rapports de vérification, les observations et les justificatifs nécessaires au suivi des anomalies.
Comment assurer la traçabilité ?
L’organisation du suivi des contrôles, des réserves et des échéances, avec l’appui d’un logiciel GMAO & VGP.
OBLIGATIONS RÉGLEMENTAIRES
La VGP d'un chariot élévateur est-elle obligatoire ?
Oui, la VGP est obligatoire pour les chariots élévateurs entrant dans le champ des appareils de levage soumis à vérification réglementaire. Cette obligation repose notamment sur l'article R.4323-23 du Code du travail et sur l'arrêté du 1er mars 2004, qui définit les modalités de vérification des appareils et accessoires de levage.
Identifier les chariots concernés
L'employeur doit recenser les chariots élévateurs utilisés dans l'entreprise et déterminer ceux qui relèvent des vérifications réglementaires.
Pour un parc réparti sur plusieurs entrepôts, chaque engin doit pouvoir être identifié sans ambiguïté : modèle, numéro de série, site d'affectation et historique des vérifications.
Faire réaliser les vérifications
Les vérifications doivent être réalisées par une personne qualifiée, disposant des compétences nécessaires pour examiner le chariot et détecter les détériorations dangereuses.
Cette personne peut appartenir à l'entreprise ou intervenir comme prestataire extérieur. Le recours à un organisme externe n'est donc pas systématiquement obligatoire.
Corriger les anomalies constatées
Lorsqu'un rapport signale une fourche fissurée, un défaut de freinage ou une anomalie sur le système de levage, l'employeur doit organiser les actions correctives nécessaires.
Un chariot présentant un danger ne doit pas continuer à être utilisé. Les réparations et les vérifications complémentaires éventuellement nécessaires doivent être suivies avant sa remise en service.
Conserver les preuves des contrôles
Chaque vérification doit donner lieu à un rapport permettant d'identifier le chariot contrôlé, les constats effectués et les éventuelles observations.
Pour les responsables maintenance et HSE, l'objectif est de pouvoir retrouver les rapports et les justificatifs des actions correctives, notamment lors d'un audit ou d'une inspection.
Simplifiez le suivi de vos VGP avec ENEARIS
Centralisez vos équipements, suivez les échéances de vérification et retrouvez les rapports de contrôle depuis une seule interface. Avec la fonctionnalité VGP intégrée à la GMAO ENEARIS, gardez une vue claire sur vos contrôles réglementaires.
Essayer ENEARIS gratuitementIDENTIFIER LES ÉQUIPEMENTS CONCERNÉS
Quels chariots élévateurs sont soumis à la VGP ?
Les chariots de manutention utilisés pour lever et déplacer des charges peuvent être soumis aux vérifications générales périodiques. Cela concerne notamment les chariots frontaux, les chariots à mât rétractable et de nombreux gerbeurs. L'obligation dépend toutefois des caractéristiques et de la fonction réelle de chaque équipement.
Les chariots élévateurs frontaux
Électriques, diesel ou GPL, les chariots frontaux servent à soulever, transporter et empiler des palettes. Ils font partie des équipements de levage couramment soumis à la VGP.
Les vérifications portent notamment sur les organes de levage, la stabilité et les dispositifs de sécurité. Le type de motorisation ne supprime pas l'obligation de contrôle.
Les chariots à mât rétractable
Ces chariots sont utilisés dans les entrepôts pour placer et retirer des palettes dans les rayonnages en hauteur.
Leur mécanisme de levage et de déplacement du mât nécessite une surveillance adaptée. Ils relèvent des vérifications réglementaires applicables aux appareils de levage.
Les gerbeurs électriques
Les gerbeurs permettent de lever des palettes et de les empiler sur plusieurs niveaux. Ils peuvent être à conducteur accompagnant ou à conducteur porté.
Selon leur conception et leurs caractéristiques, ces équipements sont soumis aux vérifications prévues pour les appareils de levage. Leur classification doit être examinée modèle par modèle.
Les transpalettes et autres matériels
Un transpalette électrique utilisé pour déplacer des palettes à faible hauteur n'a pas nécessairement les mêmes obligations qu'un chariot conçu pour empiler des charges en hauteur.
Il faut tenir compte de sa fonction de levage, de sa conception et des dispositions réglementaires applicables. La seule appellation « transpalette électrique » ne permet pas de conclure.
Comment savoir si un équipement est concerné ?
Pour chaque modèle, le responsable maintenance ou HSE doit examiner la documentation technique et les fonctions réelles de l'engin.
| Point à vérifier | Ce qu'il faut examiner | Pourquoi c'est utile |
|---|---|---|
| Fonction de l'engin | Levage, empilage, déplacement ou manutention de charges | Identifier les fonctions qui relèvent des règles applicables aux appareils de levage |
| Caractéristiques techniques | Capacité nominale, hauteur de levage, mécanisme et configuration | Distinguer des équipements aux usages et obligations différents |
| Documentation fabricant | Notice d'instructions, identification et caractéristiques du modèle | Vérifier les informations nécessaires à la classification de l'équipement |
Cette démarche s'applique aussi à d'autres matériels professionnels. Pour élargir le sujet, consultez notre guide sur les contrôles réglementaires des appareils de levage ainsi que notre article consacré à la VGP des engins de chantier.
Quelle est la périodicité de la VGP d'un chariot élévateur ?
La VGP d'un chariot élévateur doit généralement être réalisée tous les 6 mois. Cette périodicité concerne notamment les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté utilisés pour lever des charges. La fréquence applicable doit toutefois être confirmée selon la catégorie réglementaire de chaque équipement.
Entre deux VGP pour les chariots élévateurs soumis à la périodicité semestrielle.
-
01
Quels chariots doivent être contrôlés tous les 6 mois ?
La périodicité semestrielle concerne notamment les chariots élévateurs frontaux et les chariots à mât rétractable relevant des catégories réglementaires correspondantes.
En revanche, cette fréquence ne doit pas être appliquée automatiquement à tous les équipements de manutention. Les caractéristiques techniques, la fonction de levage et le mode de conduite peuvent conduire à des obligations différentes.
-
02
Comment calculer la prochaine échéance VGP ?
La prochaine vérification doit être programmée à partir de la date du dernier contrôle et de la périodicité applicable à l'engin.
Exemple : un chariot soumis à une VGP semestrielle, contrôlé le 15 janvier, doit faire l'objet de sa prochaine vérification au plus tard le 15 juillet de la même année.
Lorsque plusieurs chariots sont répartis entre différents sites, un suivi des dates par équipement permet de repérer les contrôles à programmer.
-
03
Que faire si la date de VGP est dépassée ?
Une vérification réalisée en retard ne régularise pas rétroactivement la période pendant laquelle le contrôle réglementaire n'était plus à jour.
L'employeur doit organiser la vérification sans délai et prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité. Selon la situation, cela peut impliquer de suspendre l'utilisation du chariot jusqu'à la réalisation du contrôle et au traitement des anomalies éventuelles.
-
04
Quelle différence entre VGP, entretien et contrôles quotidiens ?
La VGP sert à détecter les détériorations susceptibles de compromettre la sécurité. Elle ne remplace pas les autres opérations nécessaires au bon fonctionnement du chariot :
- L'entretien préventif : réalisé selon les préconisations du constructeur et les conditions d'utilisation.
- Les vérifications avant utilisation : effectuées pour repérer les défauts visibles ou les dysfonctionnements.
- Les interventions correctives : réalisées lorsqu'une anomalie nécessite une réparation.
Ces opérations sont complémentaires. Un chariot entretenu régulièrement doit toujours faire l'objet des VGP réglementaires qui lui sont applicables.
EXAMENS ET ESSAIS DE FONCTIONNEMENT
Quels sont les points de contrôle d'une VGP de chariot élévateur ?
Lors d'une VGP de chariot élévateur, la personne qualifiée examine notamment les fourches, le tablier porte-fourches, le mât, les chaînes de levage, les vérins hydrauliques, les freins et les dispositifs de sécurité. Elle recherche les détériorations susceptibles d'entraîner une chute de charge, une perte de stabilité ou une perte de maîtrise du chariot.
Examiner les organes de levage
Fourches, tablier, mât, chaînes et ancrages : le contrôle recherche les fissures, déformations, usures anormales, jeux excessifs et défauts de fixation.
Une détérioration de ces composants peut compromettre le maintien ou le déplacement de la charge.
Vérifier les déplacements et le freinage
La vérification porte notamment sur les freins de service et de stationnement, la direction, les roues et les pneumatiques ou bandages.
L'objectif est de repérer les défauts pouvant provoquer une perte de maîtrise du chariot, notamment lors des manœuvres en entrepôt.
Contrôler l'hydraulique et les sécurités
Les vérins, flexibles, raccords et circuits hydrauliques sont examinés pour détecter les fuites et détériorations.
Les commandes, dispositifs de limitation et protections présents sur le modèle font également partie des points à vérifier selon les exigences applicables.
Réaliser les essais de fonctionnement
La VGP ne se limite pas à une inspection visuelle. Des essais adaptés peuvent porter sur la montée et la descente du mât, l'inclinaison, les commandes et les dispositifs de sécurité.
Les épreuves statiques ou dynamiques ne sont pas systématiques à chaque VGP semestrielle. Elles répondent à des exigences réglementaires spécifiques.
Tableau des principaux points de contrôle VGP
Voici les organes à surveiller et les défauts habituellement recherchés lors de la vérification d'un chariot élévateur.
| Organe contrôlé | Défauts recherchés |
|---|---|
| Fourches et tablier porte-fourches | Usure des talons, fissures, déformations, défauts de verrouillage et de fixation |
| Mât et guidages | Déformation des profilés, jeux anormaux, usure des galets et détérioration des points de fixation |
| Chaînes de levage | Allongement, corrosion, usure des maillons, défauts de tension et état des ancrages |
| Vérins et circuit hydraulique | Fuites, flexibles détériorés, défauts de maintien de charge et mouvements anormaux |
| Freins et direction | Efficacité des freins, jeux dans la direction et anomalies de fonctionnement |
| Roues, pneus et châssis | Usure ou détérioration des bandages et pneumatiques, fissures et déformations structurelles |
| Commandes et dispositifs de sécurité | Défauts de fonctionnement des commandes, dispositifs de protection ou de limitation présents sur le chariot |
Cette liste présente les principaux points de surveillance. La portée exacte de la VGP dépend du modèle, de ses accessoires et des examens réglementaires applicables.
Quels défauts nécessitent une action immédiate ?
Une fourche fissurée, une chaîne de levage fortement détériorée, un frein défaillant ou une fuite hydraulique compromettant le maintien de la charge peuvent rendre le chariot dangereux.
Le responsable maintenance doit faire évaluer le risque, empêcher l'utilisation de l'engin lorsque la sécurité n'est plus assurée et organiser la remise en état. L'efficacité de la réparation doit ensuite être vérifiée selon la nature du défaut.
EXPLOITER LES RÉSULTATS DU CONTRÔLE
Rapport de VGP d'un chariot élévateur : comment gérer les réserves et assurer la traçabilité ?
Après chaque VGP de chariot élévateur, le responsable maintenance doit pouvoir retrouver le rapport, identifier les anomalies signalées et justifier les actions correctives réalisées. Un contrôle effectué dans les délais ne suffit pas si les défauts relevés restent sans traitement.
Que doit contenir le rapport de VGP ?
Le rapport doit permettre d'identifier le chariot vérifié, les examens réalisés et les anomalies constatées. Pour exploiter le document, vérifiez notamment la présence des informations suivantes :
- Identification du chariot : numéro de parc, marque, modèle, numéro de série et localisation.
- Informations sur la vérification : date du contrôle, nature des examens et identification du vérificateur.
- Résultats des examens et essais : observations, défauts relevés et organes concernés.
- Conclusions du contrôle : anomalies nécessitant une intervention et éventuelles restrictions d'utilisation.
Le rapport doit être rattaché au bon chariot. Une erreur de numéro de parc ou de numéro de série peut compliquer la recherche du document lors d'un audit ou d'un contrôle.
Comment traiter les réserves après une VGP ?
Une réserve doit donner lieu à une décision documentée. Le responsable maintenance doit organiser son traitement selon la gravité du défaut.
- Qualifier le risque : déterminer si le chariot peut continuer à être utilisé en sécurité ou s'il doit être immobilisé.
- Créer une action corrective : préciser l'organe concerné, les travaux attendus et le responsable de l'intervention.
- Tracer la remise en état : enregistrer les réparations, les pièces remplacées et la date de l'intervention.
- Vérifier la correction : conserver le justificatif et réaliser les contrôles complémentaires nécessaires avant la remise en service.
Exemple : le vérificateur signale une usure excessive d'une fourche. Si le défaut compromet la sécurité, le chariot est immobilisé. La fourche est remplacée, puis la remise en état est vérifiée et documentée.
Combien de temps conserver les rapports VGP ?
Les résultats des vérifications doivent être consignés dans le registre de sécurité. Les rapports correspondants doivent être conservés conformément aux obligations applicables.
Pour les appareils de levage, les rapports des deux dernières vérifications ou contrôles doivent notamment être conservés. Le registre de sécurité et les documents réglementaires restent soumis à leurs propres règles de conservation.
En pratique, conserver un historique plus long facilite l'analyse des défauts récurrents : usure répétée des fourches, anomalies hydrauliques ou interventions successives sur un même organe de levage.
Comment assurer la traçabilité des VGP sur plusieurs chariots ?
Sur un parc réparti entre plusieurs sites, les rapports stockés dans différents dossiers et les échéances suivies sur Excel compliquent le rapprochement entre un défaut signalé et sa réparation.
Chaque chariot doit disposer d'un historique identifiable : dernière VGP, rapport associé, réserves en cours, interventions correctives et prochaine échéance.
Cette organisation repose sur des fiches de traçabilité des équipements permettant de regrouper les informations et les documents associés à chaque matériel.
Le responsable maintenance peut ainsi identifier les chariots dont la VGP approche, ceux présentant des réserves non clôturées et ceux dont les justificatifs de remise en état restent à récupérer.
FAQ · VGP CHARIOT ÉLÉVATEUR
VGP chariot élévateur : les questions fréquentes
CACES, location, chariot neuf, accessoires ou remise en service : des réponses concrètes aux situations rencontrées dans la gestion d'un parc de chariots élévateurs.
Le CACES remplace-t-il la VGP d'un chariot élévateur ?
Non. Le CACES concerne les compétences du conducteur, tandis que la VGP porte sur l'état de sécurité du chariot. Un cariste titulaire du CACES peut donc utiliser un engin dont la VGP est en retard : son certificat ne régularise pas cette situation.
Un chariot élévateur neuf doit-il être vérifié avant son utilisation ?
Il faut vérifier les obligations de mise en service applicables au chariot. Elles dépendent notamment de son état de livraison, de sa configuration et des conditions d'installation. La conformité d'un chariot neuf ne dispense pas automatiquement de toute vérification initiale.
Qui est responsable de la VGP d'un chariot élévateur loué ?
L'entreprise utilisatrice doit s'assurer que le chariot mis à disposition peut être utilisé en sécurité et que les vérifications requises sont réalisées. Le contrat peut prévoir leur prise en charge par le loueur, sans supprimer les obligations de l'employeur utilisateur.
Faut-il une vérification après une réparation importante ?
Oui, dans certains cas. Une réparation touchant un élément essentiel à la sécurité peut nécessiter une vérification de remise en service. C'est notamment le cas lorsqu'elle modifie ou affecte les conditions de sécurité du levage. La nature du contrôle dépend des travaux effectués.
Le changement d'accessoire impose-t-il une nouvelle vérification ?
Pas systématiquement. L'ajout d'une pince, d'un tablier spécifique ou d'un autre accessoire doit être examiné au regard de la compatibilité avec le chariot et de son incidence sur la sécurité. Certaines modifications peuvent imposer une vérification avant remise en service.
Une VGP est-elle nécessaire après un changement de site ?
Pas automatiquement. Le simple déplacement d'un chariot vers un autre entrepôt ne déclenche pas à lui seul une nouvelle VGP. Il faut toutefois vérifier si le transfert s'accompagne d'un démontage, d'une modification ou de nouvelles conditions nécessitant une vérification.
Peut-on faire une VGP sans organisme de contrôle extérieur ?
Oui. La vérification peut être réalisée en interne par une personne qualifiée, disposant des compétences nécessaires et connaissant les exigences applicables au matériel. Faire appel à un organisme extérieur n'est pas une obligation générale pour chaque VGP.
Que faire si un chariot présente un défaut entre deux VGP ?
Il faut évaluer immédiatement le risque et retirer le chariot du service si sa sécurité n'est plus assurée. La prochaine VGP ne doit pas servir de délai pour réparer un défaut connu. L'engin ne peut reprendre son activité qu'après les corrections et vérifications nécessaires.